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Sanctuaires de Lourdes

Sanctuaires de Lourdes

 

Les Sanctuaires Notre-Dame de Lourdes constituent le plus grand centre de pèlerinage catholique français depuis que Bernadette Soubirous, a vu une Dame déclarant être l'Immaculée Conception, quatre ans après la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception par le pape Pie IX.

Les présumées apparitions de Lourdes commencèrent le 11 février 1858 dans la petite grotte de Massabielle, non loin du village, le long du gave de Pau et durèrent plusieurs mois. Au total, Bernadette vit dix-huit fois la Vierge. Après enquête, l'Église catholique a reconnu ces lieux le 18 janvier 1862.

Les sanctuaires comprennent la grotte, lieu des apparitions, la basilique de l'Immaculée-Conception, la basilique du Rosaire, les abords du gave, une esplanade, la basilique Saint-Pie X, une prairie, un accueil pour les malades, les fontaines, les piscines, l'église Sainte-Bernadette, un chemin de croix monumental et nombre de bâtiments de service. Les principaux éléments de cet ensemble de 52 hectares (et notamment les trois basiliques et l'Esplanade du Rosaire) sont situés sur la rive gauche du Gave de Pau qui fait une boucle au niveau du pont Saint-Michel, mais le domaine s'étend aussi largement sur la rive droite en aval de ce pont

Origines

Article détaillé : Apparitions de Lourdes.

Les Sanctuaires ont été édifiés après les apparitions de l'Immaculée Conception à Bernadette Soubirous en 1858, à la suite de la proclamation de leur caractère « surnaturel et divin » par Mgr Laurence. Les autorités religieuses ont eu à cœur de réaliser un vœu de la vierge, soit édifier une chapelle. L'abbé Peyramale est chargé de l'organisation de cette entreprise, ainsi que des pèlerinages, soit de l'administration du site, acquis quatre mois plus tôt par l'évêque. L'abbé fait aménager les abords de la grotte de Massabielle, et il peut donner libre cours à son instinct de bâtisseur en lançant la construction de la chapelle, qui prendra pied au-dessus de la grotte. Ce sera la Basilique de l'Immaculée-Conception de Lourdes. Le 4 août 1864, la première procession se rend de son église paroissiale à la grotte, où Mgr Laurence bénit la statue de la Vierge.

Administration

Débordé, l'abbé Peyramale réclame quelques vicaires de plus à l'évêque, pour le seconder. Ils lui sont refusés. En mai 1866, Mgr Laurence préfère envoyer à Lourdes le père Sempé et trois autres missionnaires diocésains de Garaison2. Ils sont là, semble-t-il, pour aider l'abbé Peyramale dans sa tâche. Celui-ci tombe malade. Lorsqu'il se rétablit (peut-être en 1867), il découvre que le contrôle sur l'administration du sanctuaire a été transféré de la paroisse au diocèse. Ce sont les missionnaires diocésains, les pères de Garaison, qui ont désormais la charge du domaine de la grotte. Depuis, les Sanctuaires sont rattachés au Diocèse de Tarbes. Ils ont cependant une certaine indépendance de par le recteur. L'actuel recteur des Sanctuaires de Lourdes est le Père André Cabes, depuis le 2 octobre 2015.

Infrastructures

Disposition générale des lieux

Depuis la reconnaissance par l'Église des apparitions de l'Immaculée Conception, la grotte et son domaine furent achetés par le diocèse de Tarbes. À partir de là, le domaine fut aménagé pour accueillir les millions de fidèles annuels.

Domaine privé, on y pénètre par sept portes ouvertes vers tous les points cardinaux : Portes du Docteur Soubarie, Saint-Michel, Saint-Joseph, de la Crypte, des Lacets, de la Forêt, de la Prairie ; les portes les plus pratiquées sont celle de Saint-Michel menant à l'allée des processions, et celle de Saint-Joseph, toutes deux ouvertes vers le centre de la ville de Lourdes. Ce domaine est principalement situé sur la rive gauche du Gave de Pau, sur la rive opposée au noyau initial de la ville. Il comprend trois parties : la partie centrale comprend la grotte de Massabielle et les trois basiliques et diverses annexes ; vers le sud, séparée de la précédente par l'avenue Mgr Théas et la Route de la Forêt, la colline des Espélugues où se situe le Chemin de Croix monumental ainsi que la maison des chapelains ; la troisième est située au nord, sur la rive droite du Gave en aval de la cité : trois passerelles pour piétons permettent de franchir le Gave pour s'y rendre : la passerelle des piscines, celle des arcades et celle de l'esplanade. Dans cette partie, desservie depuis la ville par la porte du Docteur Soubarie, se situent notamment l'accueil Notre-Dame, l'église Sainte-Bernadette et la vaste prairie qui peut être utilisée lors de grandes occasions avec affluence exceptionnelle, par exemple, pour des messes en plein air.

 

La perspective des sanctuaires et au premier plan le Calvaire des Bretons. Au fond à droite, la colline des Espélugues

Le domaine des sanctuaires s'organise autour d'un axe central constitué par la double allée menant de la porte Saint Michel à l'esplanade du Rosaire et par laquelle cheminent quotidiennement les processions et notamment la procession aux flambeaux nocturne. Les basiliques de l'Immaculée-Conception et Notre-Dame-du-Rosaire de Lourdes ferment cette perspective.

La porte Saint-Michel tient son nom de l'archange Saint Michel dont la statue est toute proche sur la droite. Elle s'ouvre au débouché du pont Saint Michel ; ce dernier a été construit pour permettre l'arrivée des processions venant de l'église paroissiale par le Boulevard de la Grotte. Elle est encadrée des statues des archanges Raphaël (à droite) et Gabriel (à gauche) et conduit directement à une sorte de rond-point herbu occupé en son centre par le « Calvaire des Bretons ».

Ce calvaire, haut de 12 mètres, œuvre du sculpteur Yves Hernot de Lannion a été mis en place en 1900. Le Christ en mesure 2 mètres, et les statues de la Vierge, Saint Jean, Sainte Marie-Madeleine et Saint Longin ont une hauteur de 1,80 m. C'est un don des diocèses de Quimper, Saint-Brieuc, Vannes et Rennes.

Enterrée sur la gauche des allées, se situe la basilique souterraine Saint-Pie X accessible par plusieurs rampes et escaliers. Sur la droite se trouvent les bâtiments de l'Accueil Jean-Paul II et de la Chapelle de la Réconciliation. De part et d'autre des allées se trouvent également une statue de Sainte Bernadette et une de Sainte Thérèse de Lisieux, les deux grandes saintes françaises du XIXe siècle à l'origine des deux plus importants pèlerinages de France.

Au débouché de la double allée se trouve l'Esplanade du Rosaire constituant le vaste parvis de la basilique inférieure, 130 mètres de long sur 85 de large, encadré par les rampes d'accès à la crypte et à la basilique supérieure. Cette grande place peut accueillir 40.000 personnes. Elle est dominée par la statue de la Vierge sur son piédestal, statue couronnée le 3 juillet 1876 et tournée vers les basiliques. Cette statue de bronze, haute de 2,5 m et réalisée par la maison Raffl est un don resté anonyme aux sanctuaires.

La porte Saint-Joseph donne l'accès le plus direct à l'Esplanade du Rosaire depuis la ville, par le Pont Vieux, l'avenue Bernadette Soubirous et la Place Mgr Laurence . Près de cette porte se situent différents bâtiments de service, accueil des pèlerins, centre d'information, librairie et boutique, etc.

Lieux de Culte

 

1 La Grotte de Massabielle ; 2 La Basilique de l'Immaculée-Conception de Lourdes ; 3 la Basilique Notre-Dame-du-Rosaire de Lourdes ; 4 la Basilique Saint-Pie X ; 5 l'église Sainte-Bernadette ; 6 Accueil Notre-Dame ; 7 Accueil Marie St-Frai ; 8 Village des Jeunes

Basilique de l'Immaculée Conception

La première basilique construite fut celle de l'Immaculée Conception. À l'origine, elle a été construite pour être la chapelle demandée par la Sainte Vierge par l'intermédiaire de Bernadette Soubirous. Établie au-dessus d'une crypte, elle surplombe la grotte de Massabielle et son rocher d'où partent ses fondations. La construction de l'édifice dura de 1866 à 1871 sur les plans d'Hippolyte Durand. La consécration eut lieu en 1876. Sa capacité est de 700 personnes environ.

Article détaillé : Basilique de l'Immaculée-Conception de Lourdes.

Basilique du Rosaire

À cause de l'affluence des pèlerinages, la Basilique de l'Immaculée Conception ne suffit pas à contenir tout le monde, avant même l’achèvement de son édification. On entreprit alors la construction d'une autre église à partir des années 1880. Ce sera celle de Notre-Dame du Rosaire, à partir de 1883. Achevée en 1889 et consacrée en 1901, la basilique peut contenir 1500 fidèles dans un plan romano-byzantin original. Elle est située en contrebas de la basilique de l'Immaculée Conception, à l'est de la Grotte de Massabielle.

Article détaillé : Basilique Notre-Dame-du-Rosaire de Lourdes.

Basilique Saint-Pie-X

C'est encore une fois par nécessité qu'un nouveau lieu de culte vit le jour aux Sanctuaires de Lourdes dans les années 1950. Il s’agissait là de voir en grand. Tout fut mis en œuvre pour préserver l'unité architecturale de l'ensemble entourant la grotte. L’édifice est donc souterrain. Il s'agit de la Basilique Saint-Pie X, construite entre 1956 et 1958, pour le centenaire des apparitions. Dans un style moderne, la basilique peut rappeler une cale de navire renversée. Ses proportions sont impressionnantes (nef de 191 m de long pour 61 m de large), ce qui en fait la plus grande crypte au monde.

Article détaillé : Basilique Saint-Pie X.

Église Sainte-Bernadette

Dernier lieu de culte construit dans l'enceinte des Sanctuaires (inauguré en 1988), l’église Sainte-Bernadette se trouve face à la Grotte de Massabielle sur la rive droite du Gave de Pau. Cette église moderne, dotée de cloisons amovibles pour s'adapter à diverses fonctions, a été bâtie à l'emplacement où se trouvait Bernadette Soubirous à l'occasion de la dernière apparition le 16 juillet 18587. C'est le lieu habituel de la réunion de tous les évêques de France.

Article détaillé : Église Sainte-Bernadette de Lourdes.

Hébergements

Malades

 

L'Accueil Notre-Dame (au premier plan, la rampe de la passerelle qui mène à l'esplanade)

Depuis 1874, l'Accueil Marie Saint-Frai (du nom de la religieuse fondatrice de la congrégation des Filles de Notre Dame des Douleurs) ouvre ses portes aux personnes âgées, malades ou handicapées venues dans le cadre d'un pèlerinage diocésain. Il s'agit d'un organisme externe aux sanctuaires, mais qui travaille en étroite collaboration. Sa capacité est de 400 personnes. Situé dans l'enceinte des sanctuaires et à quelques pas de l'église Sainte Bernadette (sur la rive droite du Gave de Pau), l'Accueil Notre-Dame a ouvert ses portes le 7 avril 1997. Près de trois fois plus important que St-Frai, il joue le même rôle.

Hospitaliers

Bien souvent, les hospitaliers se débrouillent pour se loger à Lourdes. Ils choisissent généralement des hôtels, très nombreux dans la cité mariale. Cependant à l’entrée des sanctuaires du côté de la porte Saint-Michel, l'accueil (du même nom) propose ses services aux hospitaliers. Il est trop petit pour contenir tout le monde et est régulièrement plein. L'Ave Maria occupe le même rôle pour les femmes. Pour les plus jeunes (aides-hospitaliers mineurs…) et scouts/guides, le village des jeunes (en hauteur sur le mont Béout) offre une capacité de 350 personnes en chambres et dortoirs, et de 2000 personnes en campement.

Pèlerinages

Les premiers pèlerinages ont eu lieu dès 1858. En effet, Bernadette a rapidement été accompagnée par des centaines, voire des milliers de pèlerins.

Variété des pèlerinages vers Lourdes

Chaque année, de février à octobre, les sanctuaires accueillent des pèlerins venant de toute l'Europe ou même de plus loin. Les pèlerinages les plus connus et les plus importants en nombre de participants sont :

  • Pèlerinage national français (le 15 août, fête de l'Assomption, à l'initiative des religieux de l'Assomption) ;

  • Pèlerinage du Rosaire (le 7 octobre, fête du Rosaire, à l'initiative des Dominicains) ;

  • Pèlerinage militaire international ;

  • Pèlerinage « Foi et lumière » (handicapés mentaux, à l'initiative de l'association du même nom) ;

  • Pèlerinage des malades de Paris et d'Île-de-France, avec l'ABIIF ;

  • Pèlerinage de l'ordre de Malte ;

  • Le Fraternel tous les deux ans

Mais en très grande majorité des pèlerinages sont organisés au départ de chaque diocèse : les pèlerinages diocésains amènent des pèlerins de toute l'Europe.

Historique

 

Pèlerinage en groupe. Photo (entre 1897 et 1922) par Eugène Cattin dont Marie, sa fille, était membre. Il est probable que les dames en blanc étaient infirmières.

La ville de Lourdes fut métamorphosée par les pèlerinages, sources importantes de revenus touristiques. À vrai dire, au XIXe siècle, la déviation passant par Lourdes de la ligne de chemin de fer Tarbes - Pau n'était pas envisagée, jusqu'aux Apparitions. Ces dernières contribuèrent à obtenir le soutien de l'État, notamment celui d'Achille Fould, tandis que la nécessité de pierre à ballast était définitive. Sainte Vierge sauva cette petite commune avec l'inauguration de la gare de Lourdes en 1866 qui fonctionne toujours en faveur de pèlerins. Le transport de masse ouvrit d'ailleurs la porte au pèlerinage en groupe. Ainsi, la gare accueillit le premier train de pèlerinage, déjà dans cette année. Selon le livre de chant publié en 1875, les sanctuaires connaissaient le premier pèlerinage belge ainsi que le premier pèlerinage parisien (il s'agissait du paroisse Saint-Sulpice) avant cette publication.

La gare de Lourdes possède une particularité ; celle-ci se caractérise de plusieurs quais supplémentaires, afin d'accueillir de nombreux trains de pèlerinage. Surtout, un grand nombre de trains italiens circulent sur le terrain de France jusqu'à cette ville mariale, car le train demeure le moyen le plus adapté au transport des maladies vers Lourdes. C'est pourquoi les trains de pèlerins italiens sont habituels à la gare de Lourdes entre Pâques et Toussaint.

Puis, un aéroport géré en commun avec la ville de Tarbes dessert la région. À partir du 27 avril 2017, la compagnie à bas coût Ryanair reliera directement cet aéroport à Rome. Les pèlerins profiteront désormais de cette nouvelle ligne pour leur double pèlerinage, en économisant beaucoup de temps ainsi que le prix de billet. Par ailleurs, surtout pour les pèlerins étrangers, l'aéroport Toulouse-Blagnac est considéré comme aéroport favorable afin d'accéder aux Sanctuaires de Lourdes. En effet, la concurrence entre de nombreuses compagnies aériennes y est tellement forte que le prix de billet reste assez bas, en comparaison de celui de Tarbes, quand bien même les voyageurs auraient besoin de transports supplémentairesentres Blagnac et Lourdes.

Avec plus de 160 hôtels, Lourdes est la deuxième ville hôtelière de France (Paris étant la première), devant Nice.

En 2016, Lourdes accueille pour la première fois une rencontre nationale de personnes handicapées. Ce rassemblement permet d’intégrer davantage les personnes porteuses d’un handicap dans la communauté catholique.

Pèlerinages des papes

 

Le pape Jean-Paul II à la grotte, en 1983.

  • Jean-Paul II est venu une première fois en pèlerinage à Lourdes les 15 et 16 août 1983, pour son 19e voyage pastoral. Il est revenu une seconde fois les 14 et 15 août 2004, lors de son 104e et dernier voyage pastoral, à l'occasion du 150e anniversaire de la proclamation du dogme de l'Immaculée Conception, malgré un état de santé très fragile.

  • Benoît XVI arrive en pèlerinage à Lourdes le 13 septembre 2008, après être allé à Paris. Il parcourt les premières étapes du Chemin du Jubilé, se recueillant notamment devant la Grotte de Massabielle, avant de conclure dans la soirée la procession mariale. Le lendemain, il célèbre sur la prairie des Sanctuaires une messe à laquelle assistent près de 170 000 personnes, et prononce un discours devant les Évêques de France avant de conclure la procession eucharistique. Le lundi 15 septembre au matin, il achève le Chemin du Jubilé en se rendant à la chapelle de l'hôpital avant de célébrer une messe à l'intention des malades sur l'Esplanade du Rosaire.

Eau de Lourdes

Bernadette Soubirous a déclaré que la Dame lui a dit : «Venez boire à la fontaine et vous y laver». Depuis, les pèlerins boivent cette eau aux multiples fontaines, s'y baignent aux piscines ou peuvent parcourir le chemin de l'eau.

Eau de Lourdes

 

Récipients destinés à recueillir l'eau de la Grotte.

Les guérisons miraculeuses reconnues par l'Église catholique

Article détaillé : Guérisons de Lourdes.

De très nombreuses personnes affirment avoir été guéries à Lourdes. En 1884, l'Église catholique a mis en place une structure, appelée « Bureau des constatations médicales », pour examiner les déclarations. Le processus d'authentification passe par trois étapes :

  • Examen par le Bureau médical de Lourdes ;

  • Transfert au Bureau médical international, un comité de médecins ;

  • Investigation et interprétation par l'évêque du diocèse d'origine de la personne guérie, le sens à donner à la guérison est alors le guide principal de l'évêque concerné : il doit s'agir d'un « signe de Dieu » et non d'une simple guérison.

En 2013, 69 guérisons ont reçu le statut de « guérison miraculeuse » après un processus qui peut s'étaler sur plusieurs années.

Avis de l'Église catholique romaine

Monseigneur Jacques Perrier, évêque émérite de Tarbes et Lourdes, a résumé le 17 mars 2003 l'avis de sa hiérarchie :

« L’attitude actuelle des médecins est très respectueuse du magistère de l’Église. Comme chrétiens, ils savent que le miracle est un signe d’ordre spirituel. Ils ne veulent pas s’en faire les juges. De plus, pour un esprit moderne, il est difficile de dire, à propos de quelque réalité que ce soit, qu’elle est inexplicable. On peut seulement dire que, jusqu’ici, elle est inexpliquée. »

 

Le Jubilé de la Miséricorde (2016) a comme conséquence l'ouverture de la Porte de la Miséricorde au Sanctuaire de Lourdes.

La Porte de la Miséricorde des Sanctuaires de Lourdes

Comme plusieurs autres sites religieux à travers le monde, le Sanctuaire de Lourdes possède une Porte de la Miséricorde, une porte qui, en marge des Portes Saintes ouvertes tous les 25 ans ou selon les exceptions fixées par le Pape lors du déroulement des Années Saintes ou Jubilés, fut établie au Sanctuaire de Lourdes suite au désir du Pape François de voir l'actuel Jubilé de la Miséricorde se répandre partout dans le monde.

En somme cette Porte comme toutes les autres Portes de la Miséricorde, seconde les Portes Saintes quant à leurs rôles dans le présent Jubilé de la Miséricorde proclamé par le Pape François qui eut lieu du 8 décembre 2015 au 20 novembre 2016. Quant au jubilé de Lourdes, la clôture de la Porte Sainte fut effectuée une semaine plus tôt, le 13 novembre.

À Lourdes, le jubilé est donc normalement célébré avec la cohérence de celui de Rome, y compris tous les 25 ans de célébrations (tels 1975, 2000). Au regard du jubilé particulier, ainsi, les Sanctuaires avaient obtenu l'autorisation du Saint-Père, en faveur du 150e anniversaire de l'apparition de Vierge Marie, en 2008

Sanctuaires et musique sacrée

Musicalité au sein des sanctuaires de Lourdes

Les célébrations de Lourdes se caractérisent de leur richesse de musicalité. La qualité des célébrations auprès des sanctuaires est assurée notamment par le maître de chapelle, l'organiste ainsi que le chantre.

Ave Maria de Lourdes

La publication des chants par le maître de chapelle demeure toujours importante. Le célèbre cantique Ave Maria de Lourdes (plus précisément, une hymne issue du texte non biblique) était déjà chanté en octobre 1872, lors de la Grande Manifestation, et publié en 1875 par le maître Dargein

solo

La terre à Marie disait « le salut ; »

La

Vierge « bénie » Soudain apparut.

refrain

Ave,

Ave, Ave Maria ;

Ave, Ave, Ave Maria.

solo

Une enfante candide ...

Le livre de chant précisait que la mélodie était déjà connue et populaire. Le texte était différent de celui de nos jours tandis que l'œuvre comptait 27 strophes qui suggèrent un usage en faveur de la procession.

« Allez dire aux prêtres que l'on bâtisse ici une chapelle et que l'on vienne en procession »

— 13e apparition, le mardi 2 mars 1858

Le texte actuel (13 strophes) fut composé par Maurice Le Bas († 1973) alors que le maître de chapelle Lesbordes réalisa son harmonisation

Maître de chapelle

Le maître de chapelle est, auprès des Sanctuaires de Lourdes, le responsable de la musique liturgique. La première arrivée de maître remonte en 1866 et six musiciens religieux se succédèrent jusqu'ici :

  1. Adolphe Dargein (1846 - † 1885) : 1866 - 1882 [lire en ligne : Adolphe Dargein, Les Échos de Massabieille, recueil de cantiques populaires à Notre-Dame de Lourdes (1875) ]

  2. Joseph Antzenberger (1839 - † 1901)28 : 1884 - 1901

  3. Noël Darros (1876 - † 1954)29 : 1899 - 1954

  4. Alexandre Lesbordes (1912 -† 1969)30 : 1954 - 1969

  5. Paul Décha (1928 - † 1996)31 : 1969 - 1994

  6. Jean-Paul Lécot (1947 - )32,33 : 1994 - [écouter en ligne : Jean-Paul Lécot, Christ hier, Christ aujoud'hui en faveur du Grand jubilé de l'an 2000 

Le maître Lécot est également chargé d'être organiste titulaire. Auparavant, en 1969, il avait été nommé organiste adjoint. Celui-ci fut nomme, par le pape Jean-Paul II, membre de l'Académie pontificale des beaux-arts et des lettres des virtuoses au Panthéon33. Il fut également le directeur artistique du Festival international de musique sacrée de Lourdes (voir ci-dessous). Non seulement il conserve les chants populaires de Lourdes tels ses prédécesseurs mais également arrange les motets de la musique classique (par exemple, ceux de Michel-Richard Delalande, de Marc-Antoine Charpentier, d'André Campra) de sorte que les célébrations des sanctuaires soient plus enrichies.

 

 

Orgue d'Aristide Cavaillé-Coll (1897) dans la basilique Notre-Dame-du-Rosaire de Lourdes. Plusieurs modifications et restaurations furent effectuées en 1955 (Puget), en 1971 (Organería Española) ainsi que de 2002 à 2005 (Pesce)

Organiste

Les sanctuaires possèdent une tradition particulière. À savoir, avant d'être directeur ou compositeur, le maître de chapelle de Lourdes demeure surtout le meilleur organiste. C'est la raison pour laquelle les orgues y étaient et sont modifiés et améliorés, sans arrêt, afin d'adapter idéalement à la liturgie, au lieu de l'instrument pour la musique romantique, auparavant.

  1. Joseph Antzenberger : ? - 1899

  2. Noël Darros : 1899 - 1954 (élève de Louis Vierne, d'Alexandre Guilmant, de Charles-Marie Widor et d'Eugène Gigout à Paris, de Capocci à Rome).

  3. Alexandre Lesbordes : 1954 - 1969 (ancien étudiant de l'Institut pontifical de musique sacrée)go 3 [écouter en ligne : Alexandre Lesbordes, Halleluja, VIh [archive]]

  4. Paul Décha : 1969 - 1994

  5. Jean-Paul Lécot : 1994 - [écouter en ligne : Marc-Antoine Charpentier (1643 - 1704), Ouverture de David et Jonathas, H490

La réception de l'instrument le plus important eut lieu le 20 mai 1897, par les membres d'une commission comosée de personnes éminentes en grande pompe : professeur de l'organiste Charles-Marie Widor, élève de Franz Liszt Francis Planté, ainsi qu'Edouard Cramaussel. Toutefois, en raison de son âge avancé, le constructeur Aristide Cavaillé-Coll ne put pas assister à la célébration.

Joseph Antzenberger quitta sa fonction en 1899, avant son décès, en conservant son rôle en tant que maître de chapelle.

Par ailleurs, cette double fonction, maître de chapelle et organiste, favorise leur répertoire enrichi. Ainsi, le 11 février 2017 en fête des Apparitions, hymne Ave Maris Stella des Vespro della Beata Vergine (1610), fut exécutée lors de l'offertoire en version orgue. Ce morceau était aisément adapté à cette fête locale. D'ailleurs, le chant original en grégorien fut, ce jour-là, également chanté lors des vêpres par des religieux ainsi qu'un peu de fidèles. Les sanctuaires sont, à savoir, un carrefour de la musique liturgique.

Certes, l'événement des l'Apparitions ne donne aucune raison pour laquelle l'usage d'orgue demeure très important à Lourdes. Or, on trouve cette importance dans le dit cérémonial de Clément VIII (1600) à partir duquel l'utilisation d'orgue était considérablement augmentée dans les célébrations de l'Église. En effet, une fois que le chant grégorien avait entièrement transformé le rite romain en musique, y compris la lecture de la Bible, les trois niveaux d'exécutants furent établis selon leur connaissance de la musique : I. soliste, II. schola et III. célébrants et fidèles. Le cérémonial autorisait l'exécution de la schola et l'orgue en alternance (niveau II). Faute de schola permanente, notamment en hiver, les sanctuaires ont donc besoin de l'orgue de sorte que la célébration soit solennelle en faveur des pèlerins.

Chantre

À Lourdes, le chantre est chargé non seulement de diriger la célébration mais également de chanter en tant que soliste. Notamment, lors des pèlerinages internationaux, il lui faut exécuter le chant en solo et en plusieurs langues officielles : latin, français, italien, espagnol, anglais, allemand et néerlandais. Bien entendu, il doit également avoir une sûre connaissance de la liturgie ainsi que du chant traditionnel en latin.

Cette fonction est réservée à Frédéric Dupuy depuis 2015. Étant donné que les célébrations sont si nombreuses que le deuxième chantre titulaire Stéphane Nabias ainsi que les sœurs présentant à Lourde assurent également la liturgie.

Les sanctuaires ne possèdent pas de schola (chœur) pendant l'hiver. Donc, tous les fidèles et pèlerins y sont invités à exécuter les chants liturgiques. D'ailleurs, c'est une autre raison pour laquelle le maître de chapelle fonctionne normalement en tant qu'organiste lors des célébrations.

Il est évident que le chantre et le maître de chapelle de Lourdes étudient effectivement leur répertoire. Ainsi, durant deux semaines de Noël 2016, une version du Kyrie eleison, Christe eleison fut exécutée à la base de la Messe de Minuit pour Noël de Marc-Antoine Charpentier (H. 9). À vrai dire, le compositeur au XVIIe siècle avait écrit cette œuvre pour 4 voix (à savoir en polyphonie) et les instruments selon des mélodies populaires françaises de Noël, telle l'hymne Ave Maria de Lourdes. Donc, ils avaient très raisonnablement choisi leur morceau en faveur des célébrations, parfaitement adapté au niveau de connaissance musicale des fidèles.

Schola

Entre les mois d'avril et d'octobre, les pèlerins sont si nombreux que les sanctuaires mobilisent sa propre schola, en faveur des célébrations importantes dans la basilique Saint-Pie X. Dans ce cas, le maître de chapelle demeure organiste tandis que le chantre ou son adjoint est chargé de diriger le chœur. Ce dernier se compose des membres permanents ainsi que des pèlerins qui sont capables de chanter correctement le répertoire des sanctuaires. C'est la raison pour laquelle la participation à la répétition y est obligatoire. De plus, les pèlerins assurent une bonne exécution des chants en langues officielles.

Son répertoire se construit essentiellement du chant grégorien ainsi que des pièces courtes et belles écrites par les maîtres de chapelle, sans prolonger la durée de célébration, à savoir sans fatiguer les malades, pèlerins principaux des sanctuaires en été. Cette durée limitée respecte et satisfait aisément un critère chargé aux compositeurs par le pape saint Pie X, présenté dans son motu proprio Inter pastoralis officii sollicitudes (1903) : il faut respecter la durée traditionnelle du chant grégorien (chapitre VII, durée de la musique liturgique).

Il faut que, tout comme le chantre, la schola exécute ses chants en sept langues, en latin et en six langues officielles. Bien entendu, les langages utilisés sont choisis selon les origines des pèlerins. D'ailleurs, en faveur de la procession, les compositeurs préparaient de nombreux versets en six langues, avec lesquels le chantre peut adapter à la procession, quelle que soit la durée. Cette dernière caractéristique se trouve, déjà, dans la première version de l'Ave Maria de Lourdes avec 27 strophes, publiée en 1875. La musique pour la procession y demeure toujours importante.

Chant grégorien

Certes, les sanctuaires célèbrent la messe en forme extraordinaire le dimanche. Toutefois, il ne s'agissait autre que d'une messe latine récitée. Celle-ci est actuellement renforcée par une célébration en grégorien.

En effet, à la suite de la nomination de Don Jean-Xavier Salefran, chargé par l'évêque Nicolas Brouwet en tant que chapelain en faveur de la coordination de la liturgie en 2015, la communauté Saint-Martin s'installa dans les Sanctuaires à Lourdes. Fondée par un ancien moine de l'abbaye Notre-Dame de Fontgombault Jean-François Guérin, cette communauté possède une profonde connaissance du chant grégorien. En conséquence, une messe en grégorien est actuellement célébrée le samedi matin, à 10 heures, comme célébration officielle des Sanctuaires. Au regardes des offices, les laudes et vêpres y sont parfois tenues en tant que célébrations de communauté. La pratique du chant grégorien fut effectivement installée dans la ville mariale.

À Lourdes, lors de la célébration de gravité, la liturgie à la base de la forme extraordinaire (en grégorien) est également respectée, étant donné que « L'Église reconnaît dans le chant grégorien le chant propre de la liturgie romaine (Sacrosanctum Concilium, article 116) ». Ainsi, la messe solennelle de l'Immaculée Conception eut été exécutée en grégorien, le 8 décembre 2016. Dans ce cas, le latin demeure principal alors que plusieurs langues vulgaires sont utilisées, en raison de fidèles internationaux. « Comme les réunions entre fidèles de divers nations deviennent de plus en plus fréquentes, il est bon que les fidèles sachent chanter ensemble, en latin...  ». En conséquence, les Kyrie, Sanctus et Agnus Dei dans le graduel grégorien sont fréquemment chantés à Lourdes alors que les Gloria et Credo demeurent encore en langues vulgaires en raison de leurs textes longs.

Sanctuaires et Festival international de Musique

Ce paragraphe fut achevé grâce à plusieurs témoins ainsi qu'à une immense précision d'histoire dans le programme 2017 du festival.

Naissance

Les sanctuaires donnèrent naissance à un festival musical. Il s'agit du Festival International de Musique, créé en 1968 par Kurt Redel, flûtiste allemand, ainsi que son ami Georges Loustalot. Le premier concert, en tant que Festival de Pâques - Musique et art sacré, eut lieu à la basilique du Rosaire. Cependant, à la suite de la retraite de Kurt Redel, le festival risquait de disparaître.

Création d'une association

C'était le sénateur-maire de Lourdes François Abadie qui voulait garder et évoluer cet événement pascal. En collaboration avec Jean-Paul Lécot, future maître de chapelle des sanctuaires, ainsi que Maurice Abad, maître Loïc Berranger, Michel Iratçabal, tout grands amateurs de musique, une association adaptée à cette optique fut créée en 1987. L'événement devint dorénavant Festival international de musique sacrée de Lourdes. Jean-Paul Lécot fut nomme directeur artistique du festival et restait en fonction jusqu'en 2009. À cette époque-là, le festival était considéré comme un garant de la qualité et un rendez-vous incontournable.

Désormais, les concerts sont tenus dans les sanctuaires et alentour, telle l'ancienne abbaye de Saint-Savin.

Pendant 22 ans sous la direction de Lécot, le festival accueillit 72 orchestres, 43 chœurs européens, 77 grands chefs et quasiment 300 solistes. Notamment, l'événement pascal eut l'honneur de répartir la célébration musicale des Trois petites liturgies de la présence divine avec Olivier Messiaen, compositeur de l'œuvre.

Soutiens des animateurs bénévoles

Avec ce vaste répertoire, exploitant non seulement les chefs-oeuvre monumentaux dans ce domaine mais également des pièces pieuses injustement oubliées, le festival continua à obtenir ses spectateurs fidèles. En dépit de ce succès, il traversait, en fait, parfois dans le désert, faute de financement stable. S'il peut compter 50 ans d'histoire, c'est grâce à l'existence des artistes bénévoles qui connaissent effectivement le sujet du festival.

L'événement à Lourdes se distingue en effet d'autres festivals. Toujours lié aux sanctuaires, il respecte continuellement le caractère de la musique sacrée. Francis Sylvestre, ancien président du festival, l'explique en mentionnant la caractèristique théologique du chant grégorien dans lequel le texte sacre, à savoir la Bible, est considéré le premier. La musique, secondaire, sert en faveur de l'interprétation du texte, en tant qu'humble servante des Paroles de Dieu. C'est-à-dire, la musique liturgique n'est autre que les texte et prière chantés ou interprétés par les instruments (voir aussi le motu proprio Inter pastoralis officii sollicitudes du pape saint Pie X (1903, article I)).

Dans cette optique spirituelle, Louis Castelain, musicologue auprès du Centre de musique baroque de Versailles, sauvegardait toujours Francis Boule, successeur de Francis Sylvestre, durant une période très difficile. Il s'agissait également des membres de l'orchestre national du Capitole de Toulouse duquel le chef est Tugan Sokhiev, de Jordi Savall et son ensemble Hespèrion XXI, de l'Arpeggiata dirigé par Christina Pluhar. Il ne faut pas oublier de précieux conseils de Georges Prêtre, grand chef d'orchestre.

En qualité de fidèles, ces musiciens manifestaient, avec foi et enthousiasme, leur soutien et n'hésitaient pas à se déplacer vers Lourdes, haut lieu choisi par Kurt Redel. Cela encourageait vivement l'équipe du festival.

50e anniversaire

En collaboration avec la ville de Lourdes, les sanctuaires restent encore uns de souteneurs les plus importants du festival. En respectant l'intention des créateurs, le festival est toujours tenu à Pâques, la fête la plus importante des chrétiens.

En avril 2017, le festival célébra son 50e anniversaire sous le directeur artistique Fayçal Karoui tandis que le premier concert fut exécuté à la basilique du Rosaire le vendredi 7 tout comme d'habitude. Il est vrai que cet événement demeure toujours en faveur des sanctuaires. En effet, le président du festival, Gérard Altuzarra, conclut dans le programme 2017 : « ... mais c'est une belle misson pour le Sanctuaire d'être aussi le lieu de tels moments d'inexprimable beauté. ».

Au cinéma

  • Bernadette Soubirous et les Apparitions de Lourdes, 1909 de Honoré Le Sablais

  • La vie merveilleuse de Bernadette, 1929 de Georges Pallu

  • Le Chant de Bernadette, 1943 de Henry King

  • Lourdes et ses miracles, 1955, de Georges Rouquier

  • Il suffit d'aimer,1961 de Robert Darène

  • Aquella joven de blanco, 1965 de León Klimovsky

  • L`affaire Lourdes, 1967 de Marcel Bluwal

  • Bernadette, 1981 version argentin de Nicolás del Boca

  • L'Archipel des amours ; segment "Lourdes, l'hiver", 1983, de Marie-Claude Treilhou

  • Le Miraculé, 1987, de Jean-Pierre Mocky, d'après une nouvelle de George Langelaan tirée des Nouvelles de l'antimonde

  • Bernadette (film) ,1987 et La Passion de Bernadette, 1989, de Jean Delannoy

  • Hommes, femmes, mode d'emploi, 1996 de Claude Lelouch, où Benoît Blanc (Bernard Tapie), qui se croit atteint d'un cancer, découvre qu'il est guéri

  • Lourdes (téléfilm), 2000 de Lodovico Gasparini

  • "Our Lady of Lourdes", 2007 de C.Albrech et P.Cabidoche

  • Lourdes, 2009, de Jessica Hausner.

  • Je m'appelle Bernadette, 2011 de Jean Sagols

 

 



24/09/2017
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